26/10/2016

L’histoire industrielle de Fontanille, à Espaly (Haute-Loire), a bien failli s’arrêter en 2012. C’était sans compter la capacité de résilience de ses salariés, qui ont décidé de créer une SCOP et de jeter toutes leurs forces dans la relance de leur outil de travail. Une aventure humaine rendue possible aussi par l’action publique régionale.

Pousser les portes de Fontanille, c’est un peu comme ouvrir un livre sur l’histoire industrielle de la France. 18.000 m² de bâtiments dominant la ville du Puy-en-Velay et sa Vierge Rouge. Des machines à tisser, à mailler, à teindre ou à tresser. Une saga vieille de 150 ans débutée en 1860 et qui se poursuit aujourd’hui, contre vents et marrées ! L’entreprise, spécialisée dans la fabrication de rubans, dentelles élastiques et autres dépose de silicone liquide pour bas auto fixant (Dim’up), a d’abord connu une période florissante du temps où la famille Fontanille régnait en maître sur le marché. Evoluant au fil des techniques, des métiers et des modes, l’entreprise faisait vivre jusqu’à 400 salariés dans les années 1970. Mais la mondialisation et la concurrence étrangère ont mis à mal les fondations. "Au cours de ces vingt dernières années, nous sommes passés de 120 à 70 salariés pour arriver aujourd’hui à 46", souligne Rolland Arnaud, ancien cadre de l’usine qui endosse désormais le rôle de Président directeur général.

Jusqu’au 3 septembre 2012, où la liquidation judiciaire est prononcée par le tribunal de commerce du Puy-en-Velay. Tout le monde pense alors que c’est la mort des Fontanille. Mais une partie des salariés refuse de se résigner et reprend l’affaire sous forme de SCOP (*). Quarante-six des soixante-dix salariés prennent alors le risque de miser 60% de leurs indemnités de licenciement pour constituer une partie du capital soit 830 000€. Ils lèvent par ailleurs 400.000 euros auprès des banques et trouvent un soutien de poids auprès des organismes régionaux, tels que la Maison Innovergne.

 

"Un rôle de facilitateurs"

"Sans eux, c’est évident, on ne s’en serait pas sortis, commente Rolland Arnaud. Innovergne a joué un rôle de facilitateur, nous a ouvert les portes vers les organismes financiers, nous a aidés à monter les dossiers…". Les salariés réorganisent leur outil de production et deviennent tous polyvalents. "C’était un gros risque. Si nous avions échoué, nous aurions peut-être tous fini SDF, souligne Rolland Arnaud. La première année qui a suivi la reprise, nous avons bien redressé la barque, grâce aux exonérations de charges nous avons a pu gagner pas mal d’argent. Et surtout, nous n’avons perdu aucun client. Puis les résultats ont été en dents de scie. Une année dans le rouge, une année meilleure. Aujourd’hui, nous sommes à l’équilibre, mais rien n’est jamais acquis".

 

Cap sur l’innovation

Pour préparer l’avenir, la Scop a décidé de mettre en place une stratégie d’innovation. "Pour gagner des parts de marché, nous devons inventer de nouveaux produits, investir encore plus dans le silicone et surtout dans l’impression 3D, la prochaine grande révolution industrielle ! poursuit le directeur. Nous sommes en train de monter un projet collaboratif avec l’école d’ingénieurs clermontoise SIGMA et la Région via la Maison Innovergne et la Direccte".

L’objectif : mettre au point les textiles de demain et s’attaquer à de nouveaux marchés. "Nous travaillons depuis plusieurs mois sur un projet de produit biosourcés avec des principes actifs et de l’impression 3D pour prendre des parts notamment sur le secteur de la santé et du bien-être. C’est un virage stratégique décisif pour nous. Une fois encore, la Région a cru en nous et nous a déjà octroyés 20.000 euros en 2015 ce qui a permis de décanter le travail et de réaliser une étude de marché. Grâce à cela nous avons affiné notre stratégie pour 2017. Une chose est sûre, il faut qu’on s’ouvre aux nouvelles technologies et au monde. Ce sera la condition de notre survie future". Les Fontanille n’ont pas dit leur dernier mot.

*SCOP : Société coopérative et participative. Plus d’infos sur www.les-scop.coop/sites/fr/

 

Soutien et un accompagnement continu des partenaires Maison Innovergne

  • 2012 FIAD et Avance remboursable de la Région Auvergne
  • 2014 Bpifrance : aide à l’innovation
  • 2015   Programme de la Région Auvergne MATGRID

Au-delà des accompagnements financiers, l’entreprise Fontanille poursuit ses projets, soutenue par l’ensemble des partenaires INNOVERGNE : la CIT (pour la recherche de partenariats, la structuration du projet et l’accompagnement du projet), CCI Innovation Clermont Auvergne EEN, pour la recherche de partenaires européens, la DIRECCTE et l’INPI.

Ces dispositifs sont consultables à la page http://www.innovergne.fr/dispositifs-maison-innovergne/recherche-multicriteres

 

 

 

 



 

 

 

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